N’oserait-on plus rire au théâtre ? synonyme de l’anesthésie du cœur ou signe ostentatoire de la stupidité, il se fait d’autant plus rare sur les scènes soucieuses d’articuler l’art dramatique à la pensée, qu’omniprésent dans la masse des spectacles qui s’offrent à la détente. en montant trois pièces du philosophe Alain Badiou, les étudiants des “Travaux Pratiques” se risquent au genre de la “farce philosophique” avec une économie de moyens qui force l’admiration. Préférant la ruse d’un scapin à l’ironie bon ton de nos contemporains, ils prouvent de façon jubilatoire que le rire n’est pas nécessairement au service des puissances conservatrices, mais qu’il peut être au contraire à l’origine d’un changement dans la pensée qui l’accompagne, le produit et le transforme en “vérités”. tour à tour pourfendeur de l’opinion, maître de la langue et de ses coulisses rhétoriques, arbitre parmi les plus grands dramaturges du XXème siècle Ahmed nous apostrophe comme pour nous convier à reconsidérer, à la croisée entre politique et esthétique, quelques épineuses questions de notre société.









